Fiscalité de l’assurance-vie 2026 : ce que vous payez vraiment au rachat
Une assurance-vie n’est jamais imposée tant que l’argent reste dedans. L’impôt tombe au rachat, et seulement sur la part de gains contenue dans la somme retirée. Tout se joue alors sur trois paramètres : l’âge du contrat, le montant versé et la date des versements. Voici les règles 2026, le calcul pas à pas, et les leviers pour payer moins.
Par Boris Billon, conseiller en gestion de patrimoine, Ateis Patrimoine · Mis à jour le
L’essentiel en 30 secondes
- Seuls les gains sont imposés, au moment du rachat et au prorata de la somme retirée. Le capital versé ne l’est jamais.
- Avant 8 ans : 12,8 % d’impôt sur le revenu. Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % jusqu’à 150 000 € versés et 12,8 % au-delà.
- Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % en 2026 sur l’assurance-vie, quand la plupart des autres revenus du capital passent à 18,6 %.
- Licenciement, retraite anticipée, invalidité, sortie en rente : les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu.
- Le seuil de 150 000 € s’apprécie par assuré : un couple dispose de deux seuils.
Quand l’assurance-vie est-elle imposée ?
À trois moments seulement. Au rachat, partiel ou total : la part de gains contenue dans la somme retirée supporte l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. À la sortie en rente viagère : la rente est imposée chaque année, mais sur une fraction seulement. Au décès : le capital transmis suit un régime propre, détaillé plus bas.
Entre-temps, il ne se passe rien. Vous pouvez arbitrer, laisser grossir le contrat pendant vingt ans, rien n’est à déclarer. Seule exception : sur le fonds euros, les prélèvements sociaux sont retenus chaque année au moment où les intérêts sont crédités.
Et le capital versé n’est jamais imposé. Si vous retirez 30 000 € d’un contrat dont un tiers de la valeur est fait de gains, seuls 10 000 € entrent dans le calcul.
Le barème 2026 des rachats
Versements effectués depuis le 27 septembre 2017
| Situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Contrat de moins de 8 ans | 12,8 %, ou barème progressif sur option | 17,2 % |
| 8 ans et plus, gains liés aux 150 000 premiers euros versés | 7,5 % après l’abattement annuel | 17,2 % |
| 8 ans et plus, gains liés aux versements au-delà de 150 000 € | 12,8 % après l’abattement annuel | 17,2 % |
Versements effectués avant le 27 septembre 2017
| Âge du contrat | Prélèvement libératoire, sur option | Ou |
|---|---|---|
| Moins de 4 ans | 35 % | Barème progressif |
| 4 à 8 ans | 15 % | Barème progressif |
| 8 ans et plus | 7,5 % après l’abattement annuel | Barème progressif après l’abattement |
Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’ajoutent dans tous les cas. Le seuil de 150 000 € s’apprécie par assuré, sur l’ensemble de ses contrats d’assurance-vie et de capitalisation, en versements nets de rachats au 31 décembre de l’année précédant le rachat. L’abattement annuel, lui, vaut pour tout le foyer fiscal. Toutes ces règles sont posées par l’article 125-0 A du CGI.
Certains versements très anciens, sur des contrats ouverts avant 1983 ou effectués avant 1997, bénéficient encore de règles d’exonération particulières : elles se vérifient contrat par contrat.
Comment calculer l’impôt sur un rachat ?
La formule tient en une ligne : part de gains = montant retiré × (valeur du contrat − versements) / valeur du contrat. On applique ensuite l’abattement s’il y a lieu, puis le bon taux à chaque part.
Exemple chiffré. Un couple marié. Contrat ouvert il y a 12 ans au nom de l’un des époux, 250 000 € versés, valeur actuelle 350 000 €, investi en unités de compte, sans autre contrat. Retrait de 70 000 €.
Part de gains : 70 000 × 100 000 / 350 000 = 20 000 €. Après l’abattement de 9 200 €, il reste 10 800 € imposables. Les versements dépassant 150 000 €, 60 % de cette somme (150 000 / 250 000) est taxée à 7,5 % et 40 % à 12,8 % : 486 € + 553 € = 1 039 € d’impôt sur le revenu.
Prélèvements sociaux : 17,2 % de 20 000 €, soit 3 440 €. Total : 4 479 € pour 70 000 € retirés, et les 50 000 € de capital contenus dans le retrait ne sont pas imposés.
Pour faire le calcul sur votre propre contrat, utilisez notre simulateur de rachat. Pour la démarche elle-même, délais et documents : retirer son argent d’une assurance-vie.
Prélèvement à la source, déclaration et prélèvements sociaux
Au moment du rachat, l’assureur retient un acompte d’impôt sur la part de gains : 12,8 % si le contrat a moins de 8 ans, 7,5 % s’il a plus de 8 ans. Vous déclarez ensuite le rachat avec vos revenus. C’est là que l’administration applique l’abattement annuel et le taux de 12,8 % sur la part au-delà de 150 000 €, puis vous rembourse ou vous réclame la différence.
Vous pouvez aussi opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Mais l’option vaut pour l’ensemble de vos revenus de capitaux de l’année : elle ne se choisit pas contrat par contrat. Elle n’a d’intérêt que si votre taux marginal d’imposition est bas.
Les prélèvements sociaux, eux, restent à 17,2 % en 2026. La loi de financement de la sécurité sociale (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) les a portés à 18,6 % sur la plupart des revenus du capital, mais les contrats d’assurance-vie et de capitalisation en sont exclus. Sur le fonds euros, ils sont prélevés chaque année avec les intérêts ; sur les unités de compte, au rachat.
Les cas où les gains sont exonérés d’impôt
Quelle que soit l’ancienneté du contrat, les gains échappent à l’impôt sur le revenu quand le rachat fait suite à votre licenciement, à votre mise à la retraite anticipée, ou à votre invalidité ou celle de votre conjoint, classée en deuxième ou troisième catégorie de la Sécurité sociale. Même règle quand le contrat se dénoue par une rente viagère (article 125-0 A du CGI).
Les prélèvements sociaux restent dus, et ces cas obéissent à des conditions de délai. On les vérifie avant de racheter, pas après.
Et si vous sortez en rente viagère ?
Plutôt que de récupérer un capital, vous pouvez transformer le contrat en rente versée à vie. La rente n’est alors imposée que sur une fraction, fixée une fois pour toutes selon votre âge au premier versement (article 158, 6 du CGI). Les prélèvements sociaux s’appliquent sur la même fraction.
| Âge au premier versement de la rente | Part de la rente imposable |
|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % |
| De 50 à 59 ans | 50 % |
| De 60 à 69 ans | 40 % |
| 70 ans et plus | 30 % |
Le choix est irréversible : la rente est versée à vie, mais le capital ne revient plus, ni à vous ni à vos héritiers, sauf option particulière. Elle se réserve à un besoin de revenus réguliers, pas à une optimisation fiscale.
Au décès et à l’IFI : les règles en bref
Au décès, le capital sort de la succession. Pour les versements faits avant 70 ans, chaque bénéficiaire reçoit 152 500 € sans droits, puis 20 % jusqu’à 700 000 € taxables et 31,25 % au-delà (article 990 I du CGI). Pour les versements faits après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique sur les primes, et les gains sont exonérés (article 757 B du CGI). Le conjoint et le partenaire de Pacs sont exonérés. Tout le détail est sur notre page assurance-vie et droits de succession.
À l’IFI, seule la part du contrat investie en immobilier compte : la valeur de rachat représentative d’unités de compte immobilières, comme les SCPI ou les SCI, est imposable (article 972 du CGI). Le fonds euros et les unités de compte financières n’entrent pas dans l’assiette.
Cinq leviers pour payer moins d’impôt
Ouvrir tôt
Le compteur des 8 ans part du premier versement et vaut pour tout le contrat. Un contrat ouvert aujourd’hui avec peu d’argent sera fiscalement mûr quand vous en aurez besoin.
Consommer l’abattement chaque année
Après 8 ans, des rachats partiels calibrés pour ne pas dépasser 4 600 € de gains, ou 9 200 € pour un couple, sortent sans impôt sur le revenu. L’abattement non utilisé est perdu.
Répartir entre conjoints
Le seuil de 150 000 € s’apprécie par assuré. Deux contrats, un au nom de chacun, donnent deux seuils au taux de 7,5 %.
Nantir plutôt que racheter
Pour un besoin ponctuel, donner le contrat en garantie d’un crédit évite tout rachat, donc tout impôt. Voir le nantissement.
Transférer plutôt que clôturer
Un vieux contrat trop cher se transfère vers un contrat récent du même assureur, sans perdre l’antériorité. Voir le transfert loi Pacte.
Questions fréquentes
Comment est imposée une assurance-vie en 2026 ?
Uniquement sur les gains, au moment d’un rachat. Avant 8 ans, 12,8 % d’impôt sur le revenu ; après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % jusqu’à 150 000 € versés et 12,8 % au-delà. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’ajoutent dans tous les cas.
Combien d’impôt sur un rachat d’assurance-vie après 8 ans ?
Seule la part de gains contenue dans le retrait est imposée. Après l’abattement annuel, elle supporte 7,5 % d’impôt sur le revenu si vos versements ne dépassent pas 150 000 €, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Si les gains restent sous l’abattement, il n’y a que les prélèvements sociaux.
Le seuil de 150 000 € est-il par personne ou par couple ?
Par assuré, sur l’ensemble de ses contrats d’assurance-vie et de capitalisation. Un couple dont chacun détient ses contrats dispose donc de deux seuils. L’abattement annuel de 9 200 €, lui, est commun au foyer.
Les prélèvements sociaux augmentent-ils sur l’assurance-vie en 2026 ?
Non. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté le taux à 18,6 % sur la plupart des revenus du capital, mais l’assurance-vie et les contrats de capitalisation en sont exclus. Ils restent à 17,2 %.
Faut-il déclarer un rachat d’assurance-vie ?
Oui. L’assureur retient un acompte d’impôt au moment du rachat et transmet les montants à l’administration. Les gains apparaissent dans votre déclaration de revenus, où sont appliqués l’abattement et le taux définitif.
Peut-on racheter une assurance-vie sans payer d’impôt ?
Oui, dans plusieurs cas : si les gains retirés restent sous l’abattement annuel après 8 ans, si le rachat suit un licenciement, une mise à la retraite anticipée ou une invalidité, ou si vous empruntez en nantissant le contrat au lieu de le racheter. Les prélèvements sociaux restent dus dans les deux premiers cas.
Pour aller plus loin
Sources
- Code général des impôts, article 125-0 A : fiscalité des rachats, abattement, seuil de 150 000 €, exonérations.
- Code général des impôts, article 158 : imposition des rentes viagères.
- Code général des impôts, article 990 I, article 757 B et article 972 : décès et IFI.
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 : prélèvements sociaux.
Les exemples sont simplifiés et ne tiennent pas compte de vos autres contrats ni de votre situation fiscale complète. Cette page est une information générale : elle ne remplace pas un conseil adapté à votre situation.
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