Ateis Patrimoine — Transmission & Succession

Abattements droits de succession :
ce que vous pouvez transmettre sans payer.

100 000 € tous les 15 ans, par enfant, sans aucun droit de succession. C’est le cœur du dispositif. Mais l’abattement légal n’est qu’un levier parmi d’autres — et bien souvent, il est utilisé trop tard, trop rarement, ou pas du tout.

Voici ce que le Code général des impôts permet réellement, et comment les familles les mieux conseillées en tirent parti avant que la question ne se pose.

En un coup d’œil — abattements 2026

Ce que vous pouvez transmettre en franchise de droits

  • 100 000 € par enfant, par parent — tous les 15 ans
  • 31 865 € par petit-enfant — tous les 15 ans
  • 152 500 € via assurance-vie (par bénéficiaire)
  • 159 325 € supplémentaires si bénéficiaire handicapé
  • 80 724 € entre époux ou partenaires de Pacs
Le tableau complet 2026

Abattements selon le lien de parenté.

Plus le lien est proche, plus l’abattement est élevé. C’est le principe fondamental de la fiscalité successorale française. Voici les montants en vigueur au 1er janvier 2026.

Bénéficiaire Relation Abattement
Enfant ou parent Ligne directe 100 000 €
Époux / partenaire de Pacs Conjoint 80 724 €
Petit-enfant Ligne directe 31 865 €
Arrière-petit-enfant Ligne directe 5 310 €
Frère ou sœur Collatéral 15 932 €
Neveu ou nièce Collatéral 7 967 €
Tiers (ami, concubin non Pacsé) Sans lien 1 594 €
Majoration pour personne handicapée (cumulative) + 159 325 €
Source officielle : impots.gouv.fr. Ces montants s’appliquent à chaque transmission individuelle et sont renouvelables tous les 15 ans. L’abattement est personnel : il s’applique par bénéficiaire, pas par succession.
La règle des 15 ans

Un levier qui se renouvelle. Utilisez-le de votre vivant.

L’abattement n’est pas une opportunité unique. Il se recharge intégralement tous les 15 ans. C’est le mécanisme le plus sous-utilisé de la transmission patrimoniale en France.

Ce que cela signifie concrètement

Un parent qui a deux enfants peut leur donner, tous les 15 ans, 100 000 € à chacun sans aucun droit. Sur une vie adulte de 45 ans, c’est potentiellement 600 000 € transmis par parent en franchise totale — simplement en espaçant les donations.

La plupart des familles ne font jamais cette donation. Soit parce qu’elles n’y ont pas pensé. Soit parce qu’elles attendent la succession — moment où l’abattement s’applique une seule fois, souvent sur un patrimoine bien plus lourd.

Anticiper de 15 ans peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros économisés. L’intention est la même. La facture fiscale est radicalement différente.

Exemple — famille avec 2 enfants
Donation parent 1, cycle 1 (45 ans)200 000 €
Donation parent 1, cycle 2 (60 ans)200 000 €
Donation parent 2, cycle 1200 000 €
Donation parent 2, cycle 2200 000 €
Total transmis sans droits800 000 €

Ces montants excluent l’assurance-vie et le démembrement — deux leviers complémentaires qui multiplient encore l’effet.

Trois cas pratiques

Ce que l’abattement change selon votre situation.

Cas 1 — Ligne directe

Parent à enfant : la transmission optimale

Monsieur Fontaine, 62 ans, souhaite transmettre 80 000 € à sa fille. Il n’a jamais fait de donation auparavant.

L’abattement de 100 000 € couvre intégralement la somme. Zéro droit à payer. Et le compteur repart à zéro dans 15 ans — pour une nouvelle donation identique.

Droits à payer : 0 €. Prochaine fenêtre : dans 15 ans.
Cas 2 — Grand-parent

Vers un petit-enfant : abattement réduit, barème favorable

Madame Girard souhaite transmettre 50 000 € à sa petite-fille. L’abattement applicable est de 31 865 €.

La fraction excédentaire (18 135 €) est taxée selon le barème en ligne directe — 5 % jusqu’à 8 072 €, puis 10 % jusqu’à 12 109 €, etc. L’addition reste modeste : environ 1 650 €.

Droits à payer : ~1 650 €. Économie vs sans abattement : ~4 700 €.
Cas 3 — Tiers

Hors famille : la fiscalité la plus lourde

Monsieur Leroy souhaite transmettre 20 000 € à un ami proche non Pacsé. L’abattement n’est que de 1 594 €. Le solde (18 406 €) est taxé à 60 %.

La facture approche 11 000 €. Dans ce cas, l’assurance-vie est de loin la solution la plus efficace : 152 500 € transmissibles par bénéficiaire hors succession.

Droits sans AV : ~11 000 €. Avec AV bien rédigée : 0 €.
Combiner les dispositifs

L’abattement légal n’est qu’une brique. Voici le reste de l’édifice.

Une transmission bien préparée combine plusieurs mécanismes. Chacun a un rôle précis. Ensemble, ils peuvent réduire drastiquement la fiscalité successorale — légalement, sans artifice.

01

L’assurance-vie hors succession

Les capitaux transmis via un contrat d’assurance-vie échappent à la succession civile et bénéficient d’un régime fiscal spécifique : 152 500 € par bénéficiaire, sans droits, pour les versements effectués avant 70 ans.

  • Applicable à tous les bénéficiaires désignés, famille ou non
  • Cumulable avec les abattements successoraux ordinaires
  • La clause bénéficiaire doit être rédigée avec soin
02

Le démembrement de propriété

Donner la nue-propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit permet de transmettre à valeur fiscalement réduite. À 60 ans, la nue-propriété est évaluée à 50 % de la valeur du bien — ce qui divise par deux la base taxable.

  • Au décès, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires
  • Compatible avec l’abattement de 100 000 €
  • Efficace sur l’immobilier et les parts de société
03

La donation-partage

Elle fixe la valeur des biens au jour de la donation — pas au jour du décès. Si un bien prend de la valeur ensuite, cet enrichissement ne sera pas retaxé à la succession. C’est un outil puissant pour les patrimoines en croissance.

  • Prévient les conflits entre héritiers sur l’égalité des lots
  • Peut intégrer des biens de nature différente
  • Nécessite l’accord de tous les donataires
04

Le Pacte Dutreil pour les entreprises

Pour les chefs d’entreprise, le Pacte Dutreil permet de transmettre des titres de société avec un abattement de 75 % sur la valeur des parts — avant application des abattements ordinaires. Une économie considérable sur les patrimoines professionnels.

  • Conditions de conservation sur 4 ans minimum
  • Compatible avec la donation en démembrement
  • Décision à prendre 3 à 5 ans avant la transmission

Ce que ces dispositifs ont en commun : ils exigent tous une anticipation. Une donation faite au moment du décès n’existe pas — par définition. Et une assurance-vie mal rédigée peut se retrouver réintégrée dans la succession. La transmission se prépare, pas à pas, des années avant.

Questions fréquentes

Ce que nos clients demandent sur les abattements successoraux.

L’abattement de 100 000 € s’applique-t-il par parent ou pour les deux ensemble ?+
L’abattement est par parent et par enfant. Cela signifie qu’un enfant peut recevoir 100 000 € de son père ET 100 000 € de sa mère sans payer de droits — soit 200 000 € au total, tous les 15 ans. Ces deux enveloppes sont totalement indépendantes.
Que se passe-t-il si le délai de 15 ans n’est pas respecté ?+
Si une donation intervient moins de 15 ans après une précédente donation entre les mêmes personnes, les montants sont rapportés fiscalement : l’administration additionne les deux montants et applique l’abattement une seule fois sur le total. Seul l’excédent est taxé. Ce n’est pas une catastrophe — mais c’est moins avantageux qu’avoir respecté le délai.
Peut-on donner en plusieurs fois pour rester sous l’abattement ?+
Oui, les donations peuvent être fragmentées dans le temps. Vous pouvez donner 30 000 € aujourd’hui, puis 40 000 € dans 3 ans, puis 30 000 € dans 5 ans — les montants s’additionnent dans la limite de l’abattement disponible sur la période glissante de 15 ans. Un notaire ou un CGP peut vous aider à optimiser le calendrier.
Les dons manuels (espèces, virements) sont-ils soumis aux mêmes abattements ?+
Oui, les dons manuels bénéficient des mêmes abattements que les donations notariées. La différence est qu’ils ne sont pas obligatoirement enregistrés. Cependant, ils doivent être déclarés à l’administration fiscale pour que l’abattement soit consommé — sans quoi ils peuvent être redressés à la succession. Il existe aussi un dispositif de présent d’usage (cadeaux de fête, anniversaire) qui échappe entièrement aux droits, dans la limite du raisonnable selon le patrimoine du donateur.
L’assurance-vie est-elle vraiment hors succession en toutes circonstances ?+
Pas toujours. L’assurance-vie échappe à la succession civile à condition que les primes ne soient pas « manifestement exagérées » par rapport au patrimoine du souscripteur et à ses revenus. Si un tribunal juge que les versements l’ont été, les capitaux peuvent être réintégrés. Par ailleurs, pour les versements effectués après 70 ans, seul un abattement de 30 500 € global s’applique (tous contrats et bénéficiaires confondus), et les intérêts restent exonérés. La rédaction précise de la clause bénéficiaire est déterminante.
Votre patrimoine mérite une stratégie de transmission construite.
Premier échange gratuit — 30 minutes — sans engagement.
La transmission ne s’improvise pas. Elle se prépare.

Un abattement non utilisé de votre vivant est une opportunité perdue. Une donation mal documentée peut être redressée. Une clause bénéficiaire générique sur votre assurance-vie peut coûter des dizaines de milliers d’euros à vos proches. Premier échange gratuit — 30 minutes — sans engagement.