Dirigeants · Conformité bancaire

Recertification KYC : répondre à votre banque
et sécuriser votre compte pro.

Votre banque exige une mise à jour KYC, vous a envoyé un courrier de recertification ou menace de clôturer votre compte professionnel. Voici la méthode que nous utilisons avec nos clients dirigeants pour répondre dans les délais, préserver la relation bancaire et anticiper les contrôles suivants.

Le contexte

Ce que la pression réglementaire fait à votre banque.

Depuis l'entrée en application du règlement européen AMLA (2024/1624), les contrôles ACPR se sont durcis. Une banque sanctionnée pour défaut de KYC peut être amendée jusqu'à 5 M€ par manquement. Résultat : les directions conformité préfèrent clôturer un compte que conserver un dossier incomplet.

KYC initial vs. recertification

Le KYC initial est réalisé à l'ouverture du compte : identité, documents légaux, bénéficiaire effectif. La recertification intervient ensuite, périodiquement, pour confirmer que les informations sont toujours exactes : RBE inchangé, activité conforme, origine des flux cohérente. C'est une obligation légale (articles L.561-1 et suivants du CMF), pas une suspicion individuelle.

Pourquoi la banque insiste autant

La pression réglementaire AMLA et la jurisprudence ACPR ont déplacé le risque sur la banque. Résultat concret pour vous : des courriers plus fermes, des délais plus courts, et la fermeture pure et simple si le dossier ne revient pas complet. La recertification n'est plus un échange — c'est une obligation à date couperet.

Cadre général KYC : pour le détail LCB-FT, AMLA, EDD, FATCA/CRS, documents demandés et sanctions, consultez notre guide complet KYC 2026. Cette page-ci se concentre sur l'action à mener quand votre banque vous sollicite ou vous menace de clôture.
Les 5 déclencheurs

Cinq situations qui déclenchent une recertification — ou un blocage.

Identifier le déclencheur est la première étape. La nature de la demande détermine les documents à fournir et le ton de la réponse. Voici les cinq cas que nous voyons le plus souvent chez nos clients dirigeants.

1. Périodicité légale atteinte

Votre dossier arrive à échéance de revue : 3 ans pour un client à risque standard, 1 an pour un client à risque élevé (PPE, secteur sensible, flux internationaux). Le courrier est standardisé : Kbis récent, statuts à jour, déclaration RBE, dernière liasse fiscale, pièce d'identité du dirigeant.

2. Mouvement atypique

Vente immobilière, dividende exceptionnel, apport en compte courant important, encaissement d'un prix de cession partielle. Tout flux qui sort du rythme habituel déclenche une alerte automatique. La banque demande alors un justificatif d'origine des fonds : acte notarié, PV d'assemblée, contrat de cession.

3. Changement de structure

Création d'une holding, apport-cession 150-0 B ter, entrée d'un nouvel associé, cession partielle, fusion, transformation SAS ↔ SARL. Toute modification de l'organigramme implique la mise à jour du RBE et une recertification anticipée : nouveaux statuts, PV d'AG, Kbis à jour.

4. Modification du RBE

Toute évolution de la détention au-delà du seuil de 25 % doit être déclarée au RBE. Donation, démembrement, pacte Dutreil, héritage, divorce avec partage : autant d'événements qui changent l'UBO et obligent à mettre à jour le KYC. Délai légal de déclaration au RBE : 30 jours.

5. Opérations transfrontalières

Réception de fonds depuis l'étranger, virements hors UE, paiements depuis ou vers un pays GAFI, expatriation du dirigeant, associé non-résident. Ces opérations déclenchent une due diligence renforcée (EDD), des questions FATCA/CRS et parfois un blocage immédiat.

Cas particulier : PME en croissance

Une société qui passe de 500 k€ à 3 M€ de CA en 18 mois sort mécaniquement de son profil de risque initial. La banque initie alors une recertification anticipée pour s'assurer que la croissance est conforme à l'activité déclarée. La classification de risque peut être révisée à la hausse.

Préparation

Documents à préparer : entreprise et dirigeant.

Une recertification bien préparée se règle en une à deux semaines. Mal anticipée, elle dégénère en allers-retours interminables. Voici les pièces à constituer en amont, regroupées en deux volets.

Volet entreprise

DocumentFréquencePrécisions
Extrait Kbis< 3 moisÀ jour avec dirigeants, capital, siège et activité conformes à la réalité.
Statuts à jourVersion en vigueurSignés, paraphés, avec mention du dépôt au greffe pour la dernière modification.
Déclaration RBEAnnuelle ou changementToute personne physique détenant >25 % directement ou indirectement, ou exerçant un contrôle.
Liasses fiscales2 derniers exercicesBilan, compte de résultat, annexes. Vérifie la cohérence flux/activité.
Justificatifs opérationsAu cas par casActe notarié, PV de distribution de dividendes, contrat de cession, convention de prêt intragroupe.
FATCA / CRSSi applicableAssocié ou dirigeant non-résident, US Person, flux transfrontaliers récurrents.
Organigramme groupeSi holdingSchéma de détention complet jusqu'à la personne physique.

Volet dirigeant

DocumentFréquencePrécisions
Pièce d'identitéValideCNI ou passeport. Carte de séjour seule insuffisante pour certaines banques privées.
Justificatif de domicile< 3 moisEDF, eau, télécom, quittance, taxe foncière. Pas de relevé bancaire ni attestation non visée.
Avis d'impositionAnnée N-1Croise revenus déclarés et patrimoine. Demandé pour comptes pro au-delà d'un seuil de flux.
Origine du patrimoineSi EDDVente immobilière, cession d'entreprise, héritage, donation, bonus contractuel.
Profil professionnelÀ chaque changementCV synthétique, fonctions, participations, éventuelle qualité de PPE.
La procédure

Délais légaux : ce qui se joue en 30 à 60 jours.

La banque n'est pas libre de fermer un compte du jour au lendemain. Une procédure encadrée s'applique, avec des délais que vous pouvez utiliser à votre avantage. Voici la chronologie type d'une recertification, du premier courrier à la clôture éventuelle.

1
J 0 · Premier courrier de la banque
Lettre simple ou recommandée demandant la mise à jour KYC. Liste des documents à fournir, délai imparti (30 à 60 jours), mode de transmission. Conservez systématiquement l'enveloppe et l'accusé.
2
J 0–15 · Constitution du dossier
Rassemblement des documents, demande des pièces manquantes au greffe, à l'expert-comptable et au notaire. Vérification que chaque pièce est datée, signée, lisible et dans la version en vigueur. Première transmission par le canal demandé.
3
J 15–30 · Échanges complémentaires
La banque peut demander des justificatifs supplémentaires, des explications écrites sur un flux particulier, ou un entretien avec le service conformité. Répondre par écrit reste préférable : tout email vaut preuve et fige la position de la banque.
4
J 30–45 · Première relance ou préavis
Si le dossier reste incomplet, la banque envoie une relance, parfois assortie d'un blocage partiel : cartes désactivées, virements sortants bloqués. À ce stade, demander par LRAR la liste exhaustive et limitative des pièces manquantes.
5
J 45–60 · Notification de clôture
Notification par lettre recommandée. Préavis légal de 2 mois (article L.312-1-1 du CMF). Pendant ce délai, le compte fonctionne en mode dégradé : encaissements possibles, paiements limités. Au terme, le solde est viré sur un compte que vous désignez.
6
J 60+ · Recours et droit au compte
Si vous estimez la clôture abusive, saisir le médiateur bancaire (gratuit) puis, si refus, la Banque de France au titre du droit au compte. Une banque vous sera désignée d'office pour un compte de base. La démarche prend en moyenne 3 jours ouvrables.
À retenir : entre le premier courrier KYC et la clôture effective, il s'écoule au minimum 90 à 120 jours. C'est votre fenêtre pour agir, négocier, ouvrir un compte alternatif, et structurer un dossier de conformité solide pour la banque suivante.
Plan d'action

Compte bloqué ou en voie de clôture : 4 actions immédiates.

Si le compte est déjà bloqué partiellement, ou si vous avez reçu une notification de clôture, le temps est compté. Voici les quatre actions à mener en parallèle, sans en sauter aucune.

01
Demander la motivation par écrit (LRAR)
Adressez une lettre recommandée avec accusé de réception au service conformité de la banque. Demandez la motivation précise de la décision, la liste exhaustive et limitative des pièces qui font défaut, et le délai exact dont vous disposez. Cette LRAR a une double fonction : obtenir des éléments objectifs pour répondre, et constituer une preuve écrite en cas de recours.
02
Ouvrir un second compte pro en parallèle
Ne dépendez jamais d'un seul établissement bancaire. Ouvrez sans tarder un second compte professionnel dans une banque commerciale traditionnelle (BNP, Société Générale, CIC, Banque Populaire) ou dans une néobanque pro (Qonto, Shine) selon votre profil. Cette diversification est un standard de prudence pour toute société dépassant 500 k€ de chiffre d'affaires.
03
Saisir le médiateur puis la Banque de France
Tout établissement bancaire doit mettre à disposition un médiateur indépendant. La saisine est gratuite et écrite. Si la médiation échoue, activer le droit au compte auprès de la Banque de France : une banque vous sera désignée d'office pour un compte de base (encaissements, virements SEPA, carte de retrait). C'est une garantie légale, pas une faveur.
04
Préparer un dossier de conformité structuré
Avant d'aborder une nouvelle banque, constituez un dossier complet : présentation synthétique de la société, organigramme, RBE déclaré, liasses des deux derniers exercices, justificatifs des opérations significatives, explication de la situation avec la banque précédente. Un dossier propre divise par deux le temps d'instruction.
Notre rôle

Comment nous accompagnons les dirigeants face à leur banque.

Notre métier n'est pas la conformité bancaire — c'est la gestion de patrimoine pour les dirigeants. Mais une structuration patrimoniale propre est, en pratique, le meilleur dossier de conformité possible. Voici comment notre accompagnement s'articule avec ce sujet.

A

Une structuration claire dès l'origine

Une holding correctement constituée, un RBE déclaré et à jour, des flux intragroupe documentés par conventions écrites. Lorsque ces éléments sont propres, la recertification se règle en quelques jours plutôt qu'en plusieurs mois d'allers-retours.

B

Traçabilité de l'origine des fonds

Cession partielle, distribution exceptionnelle, apport en compte courant, rachat de titres : chaque opération significative s'accompagne d'une documentation patrimoniale (PV, conventions, valorisations) que nous conservons et tenons à disposition de votre banquier ou notaire.

C

Interlocuteur du chargé d'affaires

Sur demande, nous échangeons directement avec votre chargé d'affaires bancaire pour expliquer une opération complexe (apport-cession 150-0 B ter, montage holding, donation avec démembrement). Notre statut COBSP et notre relation avec 22 banques partenaires facilitent ces échanges.

Important : nous ne vendons pas de bilan de conformité KYC payant en tant que tel. Notre accompagnement passe par un bilan patrimonial, dont la documentation structurée constitue, à elle seule, un dossier que vous pouvez présenter à n'importe quel établissement bancaire. C'est la conséquence naturelle d'un patrimoine bien organisé.
Pièges

Les 6 erreurs qui transforment une recertification en clôture.

Au fil des dossiers traités, nous voyons toujours les mêmes erreurs récurrentes. Aucune n'est anodine, et chacune peut faire basculer une demande de routine en procédure de clôture définitive.

1. Ignorer ou répondre trop tard

Le premier courrier semble standard, alors on le pose en pile. Trois semaines plus tard, le délai expire dans cinq jours. La banque interprète le silence comme une non-coopération — qui est un motif autonome de clôture, indépendamment du fond.

2. Documents périmés

Kbis de plus de 3 mois, statuts d'avant la dernière AG, justificatif de domicile au nom d'un colocataire, avis d'imposition pour la mauvaise année fiscale. Chaque pièce mal datée déclenche un retour et grignote le délai.

3. Évoquer des montants sans pièces

« J'ai reçu 200 000 € d'un héritage » ne suffit pas : il faut l'acte notarié, l'attestation de partage, le mode de transmission (virement SEPA depuis la banque du notaire). La banque vérifie matériellement, pas seulement déclarativement.

4. Mentir sur une activité ou un flux

Toute déclaration intentionnellement fausse à un établissement financier peut constituer un faux en écriture, voire un délit pénal en cas de soupçon de blanchiment. Il vaut toujours mieux expliquer une situation complexe que tenter de la masquer.

5. Compte offshore sans déclaration

Tout compte détenu hors de France doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916. L'omission entraîne une amende de 1 500 € par compte non déclaré (10 000 € pour pays non coopératifs), et fait basculer le dossier en risque élevé.

6. Changer de banque sans préparation

Migrer en urgence vers le premier établissement disponible aboutit souvent au même résultat trois mois plus tard. Une nouvelle banque pose les mêmes questions KYC, parfois plus exigeantes si elle apprend la clôture précédente.

Vos questions

Ce que les dirigeants nous demandent avant de nous appeler.

Combien de temps une banque a-t-elle pour fermer mon compte professionnel ?
La banque doit respecter un préavis légal de 2 mois pour clôturer un compte de dépôt, à compter de la notification par lettre recommandée (article L.312-1-1 du CMF). Ce préavis peut être ramené à 30 jours si la banque suspecte un manquement LCB-FT ou un usage frauduleux. La banque n'a pas l'obligation de motiver sa décision pour un client professionnel — mais une demande écrite de motivation reste utile en cas de recours.
Puis-je refuser de communiquer mes liasses fiscales à ma banque ?
Vous pouvez refuser, mais ce refus est lui-même un motif de clôture. La banque applique une obligation légale issue de la directive anti-blanchiment : la vérification de la cohérence entre flux bancaires et activité économique réelle. Pour une SAS ou SARL, transmettre la liasse fiscale est le moyen le plus direct d'objectiver cette cohérence. Une alternative consiste à transmettre une attestation de votre expert-comptable résumant le CA et les marges.
Ma banque a clôturé mon compte sans motif. Quels sont mes recours ?
Trois recours s'enchaînent. D'abord, saisir par écrit le médiateur bancaire de votre établissement : gratuit, indépendant, réponse en 90 jours maximum. Ensuite, si la médiation n'aboutit pas, activer le droit au compte auprès de la Banque de France. Enfin, en cas de préjudice avéré, une action devant le tribunal de commerce reste possible — mais rare, longue et incertaine. Dans 95 % des cas, l'ouverture d'un compte alternatif et la médiation suffisent.
Une holding ou un montage complexe compliquent-ils la recertification ?
Pas si la structure est correctement documentée. Une holding parfaitement déclarée (RBE à jour, statuts en vigueur, comptes annuels disponibles, conventions intragroupe écrites) est plus simple à présenter qu'un compte personnel utilisé comme compte mixte. Ce qui complique la recertification, ce n'est pas la sophistication du montage — c'est le décalage entre la structure déclarée et les flux réels.
Le bilan patrimonial Ateis suffit-il comme dossier de conformité ?
Le bilan patrimonial n'est pas un livrable conçu pour la banque, mais sa documentation structurée (panorama du patrimoine, organigramme des structures, fiscalité applicable, traçabilité de l'origine des fonds) couvre l'essentiel de ce qu'un chargé d'affaires conformité va demander. En pratique, nos clients dirigeants utilisent les extraits de leur bilan patrimonial comme support lors des recertifications.
Suis-je considéré comme une Personne Politiquement Exposée (PPE) ?
La qualité de PPE concerne les personnes exerçant ou ayant exercé une fonction politique, juridictionnelle ou administrative importante, ainsi que leur cercle proche. Sont notamment visés : chefs d'État, ministres, parlementaires, ambassadeurs, dirigeants d'entreprises publiques, membres des cours suprêmes, dirigeants d'organisations internationales. Si vous êtes concerné, la banque applique automatiquement une due diligence renforcée avec validation hiérarchique.
Que faire si la banque me demande la même chose chaque année ?
Si la banque vous classe en risque élevé (revue annuelle), il y a généralement une raison : flux internationaux, secteur d'activité sensible (immobilier, négoce, crypto, jeux), profil PPE, structure multi-pays. Vous pouvez demander à votre chargé d'affaires les critères de classification. Selon le motif, il est parfois possible de modifier la structure ou la pratique pour redescendre en risque standard.

Une recertification en cours ? Un compte bloqué ? Une banque à changer ?

Nous accompagnons les dirigeants dont la situation patrimoniale ou la structure ne tient plus dans un dossier KYC standard : holding, apport-cession, cession partielle, expatriation, flux internationaux. Premier échange de 45 minutes offert, sans engagement.