SCPI Accimmo Pierre : 844 571 parts en attente
Mis à jour le , données au 30 juin 2026. Par Boris Billon, conseiller en gestion de patrimoine, Ateis Patrimoine.
L’essentiel. 844 571 parts attendent d’être remboursées, soit 4,5 % du capital et environ 108 M€. Au rythme du deuxième trimestre, il faudrait dix-sept ans pour absorber cette file. Et l’assemblée générale de juin vient d’inscrire dans les statuts les outils permettant de freiner les remboursements.
Cette fiche est écrite à partir du bulletin officiel du fonds, points faibles compris. Notre rémunération est précisée en bas de page.
Dix-sept ans au rythme actuel
Accimmo Pierre est l’une des plus grosses SCPI de France : 2,66 milliards d’euros de capitalisation, 138 immeubles, 59 476 associés. Son bulletin publie chaque trimestre le tableau du marché des parts, et c’est par là qu’il faut commencer.
| Période | Parts souscrites | Parts retirées | Parts en attente |
|---|---|---|---|
| Année 2025 | 42 186 | 201 837 | 691 529 |
| 1er trimestre 2026 | 15 023 | 15 023 | 771 144 |
| 2e trimestre 2026 | 12 105 | 12 105 | 844 571 |
Source : BNP Paribas REIM France, bulletin trimestriel d’information du 2e trimestre 2026.
Trois observations, dans l’ordre.
Souscriptions et retraits sont rigoureusement égaux depuis deux trimestres. C’est la mécanique du capital variable : un retrait n’est remboursé que s’il est compensé par une souscription. Le nombre de parts est figé à 18 848 157.
La file s’allonge de 22 % en six mois, de 691 529 à 844 571 parts. Elle représente aujourd’hui 4,5 % du capital, soit environ 108 millions d’euros au prix de retrait de 128,41 €.
Le calcul de résorption est le chiffre qui compte. Au rythme du deuxième trimestre, 12 105 parts remboursées, il faudrait près de 70 trimestres pour absorber le stock, soit dix-sept ans. Et encore, à condition que plus personne ne demande à sortir.
Ce n’est pas une prévision, c’est une division. Le rythme de souscription peut repartir, et c’est ce qui débloquerait la situation. Mais tant qu’il reste à ce niveau, une demande de retrait déposée aujourd’hui n’a pas d’horizon de remboursement identifiable.
La cession de gré à gré reste possible, à un prix librement débattu entre les parties, sous réserve d’agrément de l’acquéreur par la société de gestion. Comptez 5 % de droits d’enregistrement et 180 € TTC de frais de dossier.
Deux outils inscrits dans les statuts
L’assemblée générale du 22 juin 2026 a approuvé une résolution technique qu’il faut lire attentivement. Sous l’intitulé « mise en conformité avec la directive AIFM II », les statuts intègrent désormais les dispositifs de gestion de la liquidité applicables aux SCPI disposant d’un fonds de remboursement :
- Une décote applicable au prix de retrait, que le bulletin qualifie lui-même d’« assimilable à des frais de rachat ».
- Un mécanisme de plafonnement des remboursements, permettant de limiter les sorties sur une période donnée.
Ces outils sont issus d’une directive européenne et vont progressivement se généraliser à l’ensemble du secteur. Leur présence dans les statuts ne signifie pas qu’ils seront activés.
Mais il faut être clair sur ce qu’ils changent si la société de gestion décide un jour de les utiliser : un associé sortant pourrait être remboursé à un prix inférieur à la valeur de retrait actuelle, et son remboursement pourrait être étalé. Sur un fonds où 844 571 parts attendent déjà, cette information n’est pas théorique.
L’assemblée a par ailleurs approuvé l’élection de sept membres du conseil de surveillance pour dix-sept candidatures reçues, le rétablissement d’un quorum réduit à 10 % pour la tenue des assemblées, et une adaptation statutaire liée au changement à venir de dénomination sociale de la société de gestion dans le cadre de la réorganisation du groupe BNP Paribas.
28 % du trimestre vient des réserves
La distribution du deuxième trimestre s’établit à 1,68 € bruts par part, comme aux trimestres précédents. Le bulletin publie sa décomposition, et elle mérite d’être lue ligne à ligne.
| Composition du dividende du 2e trimestre 2026 | Par part |
|---|---|
| Revenus fonciers, dont 0,11 € issus des filiales | 1,45 € |
| Revenus financiers | 0,23 € |
| Distribution brute | 1,68 € |
| Prélèvements sur les revenus financiers | −0,08 € |
| Distribution nette versée | 1,60 € |
| dont prélevé sur le report à nouveau | 0,47 €, soit 27,8 % |
Source : BNP Paribas REIM France, bulletin du 2e trimestre 2026.
Plus d’un quart du dividende ne provient pas de l’exploitation courante mais des réserves accumulées les années précédentes. C’est le rôle du report à nouveau, et l’utiliser pour lisser une distribution est légitime. Mais une réserve s’épuise.
L’édito est explicite sur ce point : la société de gestion « restera attentive à la nécessité d’ajuster la distribution, en tenant compte des mesures d’accompagnement mises en place, des loyers additionnels générés par les acquisitions à venir et des réserves de report à nouveau disponibles ».
En langage de bulletin, cette phrase prépare une révision à la baisse. Le taux de distribution 2025 s’établit à 4,77 %, pour 6,72 € par part, et le rythme actuel de 1,68 € par trimestre projette exactement le même niveau sur 2026.
Les « mesures d’accompagnement » évoquées sont les franchises de loyers consenties aux locataires lors des renouvellements de baux. Le bulletin explique clairement leur effet : elles pèsent temporairement sur les revenus, mais sécurisent la durée ferme des engagements. C’est un arbitrage de gestion défendable, qui coûte du dividende à court terme.
64 % de bureaux, 2,7 ans de baux
2 499 M€ de valeur vénale au 30 juin, en baisse de 2,03 % à périmètre constant sur le semestre, soit 48,7 M€ de moins qu’au 31 décembre 2025.
| Indicateur au 30 juin 2026 | Valeur |
|---|---|
| Taux d’occupation financier | 87,03 %, dont 12,97 % en recherche de locataire |
| Décomposition | 80,49 % occupés, 4,73 % sous franchise, 1,81 % en restructuration |
| Durée moyenne résiduelle des baux | 2,7 ans |
| Locataires | 358, pour 54,3 M€ de loyers facturés |
| Répartition sectorielle | bureaux 64,2 %, commerces 17,7 %, hôtels et loisirs 7,8 %, logistique 5,9 %, santé et éducation 4,4 % |
| Répartition géographique | région parisienne 51,1 %, régions 36,2 %, Paris intra-muros 12,6 % |
Source : BNP Paribas REIM France, bulletin du 2e trimestre 2026.
2,7 ans de durée résiduelle, c’est le chiffre le plus court de toute notre revue des bulletins. Sur un portefeuille composé aux deux tiers de bureaux, dont la moitié en région parisienne où le taux de vacance atteint 11,6 %, chaque échéance est une négociation à l’issue incertaine.
Les 4,73 % de locaux sous franchise disent la même chose autrement : ce sont des surfaces occupées mais qui ne rapportent rien, le temps que les avantages consentis au locataire s’écoulent.
L’activité du trimestre est pourtant positive, et il faut le noter : douze entrées pour 1 381 K€ de loyers annualisés, contre quatre libérations pour 901 K€. Le taux d’occupation progresse de 0,82 point sur le trimestre grâce à ces relocations. C’est la première bonne nouvelle de ce bulletin.
Aucune acquisition ni cession en direct sur la période. Le seul mouvement passe par l’OPPCI Plein Air Property Fund 1, détenu depuis 2017, qui a acheté un camping cinq étoiles à Fréjus. Ce véhicule regroupe 31 campings quatre et cinq étoiles, répartis entre la France et l’Italie, avec un taux d’occupation de 100 %. La quote-part d’Accimmo Pierre y représente 22 M€, soit moins de 1 % de son patrimoine.
C’est la trace de la stratégie annoncée : céder des bureaux pour réemployer les capitaux dans des classes d’actifs plus diversifiées. À l’échelle d’un fonds de 2,5 milliards, le chemin sera long.
Ce que nous en disons à nos clients
Si vous détenez des parts, et c’est le cas de près de 60 000 personnes, trois éléments doivent guider votre réflexion.
Le premier est le TRI publié : −4,51 % sur cinq ans, contre +1,12 % sur dix ans. Un associé entré en 2021 a perdu de l’argent, dividendes compris. Celui entré en 2016 a fait à peine mieux qu’un compte courant.
Le deuxième est la file d’attente et son horizon. Une demande de retrait déposée aujourd’hui se place derrière 844 571 parts, sans calendrier.
Le troisième est ce qu’a voté l’assemblée générale. Décote sur le prix de retrait et plafonnement des remboursements sont désormais dans les statuts. Ce sont des outils défensifs, pas une sanction, mais ils changent l’équation d’une sortie future.
Dans ce contexte, la cession de gré à gré est souvent la seule voie rapide. Elle se négocie avec une décote, et il faut la comparer à ce que rapporte le fait de conserver : 6,72 € par part et par an, soit 4,77 %, dont plus d’un quart puisé dans les réserves.
Si vous envisagez de souscrire, le raisonnement est plus simple. Le prix de souscription de 141 € dépasse de 6,3 % la valeur de reconstitution de 132,60 €. Vous paieriez donc au-dessus de la valeur du patrimoine, sur un fonds dont les expertises baissent encore de 2 % par semestre, dont les baux courent 2,7 ans et dont 844 571 parts attendent de sortir devant vous.
Un point positif malgré tout, et il est réel : le délai de jouissance est de deux mois seulement, les parts portant jouissance au 1er jour du deuxième mois suivant la souscription. C’est le plus court que nous ayons relevé.
Ce que nous suivrons : le nombre de parts en attente au 3e trimestre, l’éventuelle activation des outils votés en juin, et le niveau du report à nouveau, qui conditionne le maintien du dividende.
Accimmo Pierre au 30 juin 2026
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Prix de souscription / valeur de retrait | 141,00 € / 128,41 €, souscription dès 1 part |
| Valeur de réalisation / de reconstitution | 109,46 € / 132,60 €, prix supérieur de 6,3 % à la reconstitution |
| Valeur vénale par part | 132,51 € |
| Distribution | 1,68 € brut et 1,60 € net au T2 2026, dont 0,47 € prélevé sur le report à nouveau |
| Taux de distribution 2025 | 4,77 %, soit 6,72 € par part ; performance globale annuelle 4,77 % |
| TRI | −4,51 % sur 5 ans, +1,12 % sur 10 ans |
| Marché des parts | 12 105 souscriptions et 12 105 retraits au T2 ; 844 571 parts en attente, soit 4,5 % du capital |
| Taux d’occupation financier | 87,03 %, dont 12,97 % en recherche de locataire et 4,73 % sous franchise |
| Durée moyenne résiduelle des baux | 2,7 ans |
| Patrimoine | 138 immeubles, 2 499 M€ de valeur vénale, en baisse de 2,03 % sur le semestre |
| Locataires | 358, pour 54,3 M€ de loyers facturés |
| Capital | 2 657,59 M€ de capitalisation, 18 848 157 parts, 59 476 associés |
| Frais | souscription 8,93 % HT, soit 10,72 % TTC ; cession de gré à gré 180 € TTC et 5 % de droits |
| Délai de jouissance | 1er jour du 2e mois suivant la souscription |
| Société de gestion | BNP Paribas REIM France (AMF GP-07000031), SCPI créée le 17 juillet 1989, visa AMF n° 22-15, SFDR article 8, indicateur de risque 4 sur 7 |
Source : BNP Paribas REIM France, bulletin trimestriel d’information du 2e trimestre 2026, consulté le 22 septembre 2026.
Les questions que nos clients posent
Combien de temps faut-il pour récupérer son argent ?
Le bulletin ne donne aucun délai. Au 30 juin 2026, 844 571 parts étaient en attente de retrait, et 12 105 parts seulement ont été remboursées sur le trimestre, uniquement parce qu’elles étaient compensées par des souscriptions équivalentes. À ce rythme, l’absorption du stock prendrait plus de dix-sept ans.
Qu’est-ce que l’assemblée générale a voté en juin 2026 ?
Parmi les résolutions extraordinaires, une mise en conformité avec la directive AIFM II intègre aux statuts deux dispositifs de gestion de la liquidité : une décote applicable au prix de retrait, assimilable à des frais de rachat, et un mécanisme de plafonnement des remboursements. Ces outils ne sont pas activés à ce jour.
Peut-on vendre ses parts de gré à gré ?
Oui, directement à un acquéreur de votre choix, à un prix librement fixé entre les parties, sous réserve de l’agrément de l’acquéreur par la société de gestion. Comptez 5 % de droits d’enregistrement versés au Trésor public et 180 € TTC de frais de dossier. C’est la voie la plus rapide, au prix d’une décote négociée.
Le dividende de 1,68 € par trimestre est-il tenable ?
0,47 € de ce montant, soit 27,8 %, est prélevé sur le report à nouveau plutôt que sur les revenus courants. La société de gestion indique dans son édito qu’elle « restera attentive à la nécessité d’ajuster la distribution », en tenant compte notamment des réserves disponibles. Le maintien du niveau actuel n’est donc pas acquis.
Pourquoi le TRI sur 5 ans est-il négatif ?
Il s’établit à −4,51 %. Le TRI intègre le prix d’entrée, les dividendes perçus et la valeur de retrait à la sortie. Avec un taux de distribution autour de 4,8 % et une baisse marquée de la valeur des parts sur la période, le solde ressort négatif. Sur dix ans, il redevient positif à +1,12 %.
Pourquoi le taux d’occupation est-il de 87 % ?
12,97 % des locaux sont vacants et en recherche de locataire, et 4,73 % sont occupés sous franchise de loyer, donc sans revenu immédiat. Le patrimoine est composé à 64,2 % de bureaux, dont la moitié en région parisienne, où le taux de vacance du marché atteint 11,6 % selon le bulletin.
Y a-t-il des signaux positifs dans ce bulletin ?
Oui, deux. Le taux d’occupation progresse de 0,82 point sur le trimestre, avec douze entrées représentant 1 381 K€ de loyers annualisés contre quatre libérations à 901 K€. Et la baisse des expertises ralentit, à −2,03 % sur le semestre.
Faut-il souscrire aujourd’hui ?
Le prix de souscription de 141 € dépasse de 6,3 % la valeur de reconstitution de 132,60 €, ce qui signifie payer au-dessus de la valeur du patrimoine. À cela s’ajoutent une durée de baux de 2,7 ans, 13 % de vacance et 844 571 parts en attente de sortie. D’autres SCPI ne présentent aucune de ces caractéristiques.
Trois fiches à lire à côté de celle-ci
Une SCPI ne se juge pas seule. Voici trois fonds dont les bulletins éclairent celui-ci, par le gérant, par la géographie ou par le type d’actif.
PAREF Hexa (ex-Interpierre France)
Même immobilier français.
Immo Placement
Même immobilier français.
Cœur de Régions
Même immobilier français.
Comment Ateis Patrimoine est rémunéré sur cette SCPI
Nous ne plaçons pas cette SCPI en l’état actuel de son marché des parts. Si vous souhaitez un avis sur une ligne que vous détenez déjà, ou un accompagnement sur une cession de gré à gré, la prestation est facturée en honoraires par vous, sans lien avec une souscription et sans rémunération de la société de gestion.
Pour les placements en général, Ateis Patrimoine est un cabinet non indépendant au sens de la directive MIF2 : sur les fonds que nous plaçons, nous percevons une rétrocommission de la société de gestion, précisée sur chaque fiche.
Sources
- BNP Paribas REIM France, bulletin trimestriel d’information du 2e trimestre 2026 : marché des parts et demandes en attente, résolutions de l’assemblée générale du 22 juin 2026, composition du dividende et recours au report à nouveau, valeurs de la part, taux d’occupation, activité locative, participation dans l’OPPCI PAPF1, conditions de retrait et de cession.
- AMF, « SCPI : un autre moyen d’investir dans l’immobilier » : fonctionnement du marché des parts et risque de liquidité.
- ASPIM, publications et statistiques du marché des fonds immobiliers, pour la comparaison des taux d’occupation et des performances.
- BOFiP, BOI-RFPI-BASE-20-80 : régime des revenus fonciers de source française.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le capital, les revenus et la liquidité d’une SCPI ne sont pas garantis, et la société de gestion ne garantit ni le rachat des parts, ni leur vente, ni leur prix de vente. Les dispositifs de gestion de la liquidité votés en juin 2026 ne sont pas activés à la date de ce bulletin ; leur mise en œuvre relève de la société de gestion. Le délai théorique d’absorption des demandes de retrait est un calcul Ateis Patrimoine établi à partir des données publiées, à rythme de souscription constant, et ne constitue pas une prévision. Cette fiche est une information générale, pas un conseil en investissement personnalisé : toute décision de souscription, de conservation ou de cession doit s’apprécier au regard de votre situation. Prochaine mise à jour : après la publication du bulletin du 3e trimestre 2026.
Une ligne bloquée, ça se traite
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