Retraite des non-salariés :
la construire, pas l'espérer.
Rédigé par Boris Billon, CGP Paris · ORIAS 24003722 · Mis à jour le 15 août 2026
Pour un TNS, la pension obligatoire représente en moyenne 30 à 40 % du dernier revenu. Sans anticipation, c’est la moitié du niveau de vie qui disparaît au moment du départ. Pas d’employeur pour cotiser à votre place. Pas de filet collectif.
La bonne nouvelle : les leviers dont vous disposez (PER, immobilier, cession) sont souvent plus puissants que ceux des salariés. Encore faut-il les activer au bon moment.
des TNS vs dernier revenu
pour un TNS en 2026
pour activer tous les leviers
Travailleurs non-salariés
- Professions libérales réglementées (médecin, avocat, notaire, architecte…)
- Professions libérales non réglementées (consultant, coach, ostéopathe…)
- Artisans et commerçants (Sécurité sociale des indépendants)
- Dirigeants assimilés salariés (SAS/SASU)
- Gérants majoritaires de SARL
- Auto-entrepreneurs avec revenus significatifs
Comment fonctionne la retraite des TNS.
Le système repose sur deux piliers obligatoires : un régime de base piloté par la CNAVPL, et un régime complémentaire propre à chaque profession.
Le régime de base fonctionne par points. En 2026, la valeur du point est estimée à 0,654 €. Pour un revenu équivalant au PASS (environ 47 000 €), vous accumulez environ 557 points par an. Le taux de cotisation est de 10 % jusqu’au PASS, puis 1,87 % au-delà, ce qui explique pourquoi la pension de base reste modeste.
Point clé : la retraite complémentaire représente en moyenne 70 % de la pension globale d’un libéral (CNAVPL 2024). Le régime de base ne suffit pas : c’est la caisse complémentaire qui fait la différence. L’âge légal de départ est 64 ans (réforme 2023, Loi n° 2023-270). La décote est de 1,25 % par trimestre manquant.
Les caisses complémentaires : trouvez la vôtre.
Chaque profession libérale dépend d’une caisse spécifique. Toutes rattachées à la CNAVPL, sauf les avocats (CNBF).
| Profession | Caisse complémentaire | Particularité |
|---|---|---|
| Médecin | CARMF | Plusieurs classes de cotisation disponibles |
| Chirurgien-dentiste, sage-femme | CARCDSF | Cotisation modulable selon le revenu |
| Infirmier, kiné, orthophoniste | CARPIMKO | Régime points + invalidité intégré |
| Pharmacien, biologiste | CAVP | Régime par points |
| Vétérinaire | CARPV | Régime par points |
| Notaire | CPRN | 8 classes de cotisation (2 270 à 18 160 €/an) |
| Expert-comptable | CAVEC | Cotisation par classes |
| Architecte, psychologue, ostéopathe… | CIPAV | 19 professions regroupées ; cotisation par classes |
| Avocat | CNBF | Hors CNAVPL ; régime spécifique |
| Artisan, commerçant | SSI (ex-RSI) | Rattaché au régime général depuis 2018 |
Sources : CNAVPL, CARMF, CIPAV, CNBF. Caisses vérifiées août 2026.
Trois leviers. Dans cet ordre.
La pension obligatoire couvre rarement plus de 40 % du dernier revenu. Les 60 % restants se construisent avec ces trois leviers, activés dans le bon ordre selon votre TMI et votre horizon.
Le PER : déduction fiscale puissante
Les versements sont déductibles du revenu imposable hors plafond des niches fiscales (art. 154 bis CGI). Pour un TNS à TMI 41 % : 10 000 € versés coûtent réellement 5 900 € après déduction. Plafond 2026 : 88 911 € (10 % du revenu professionnel dans la limite de 10 PASS + 15 % entre 1 et 8 PASS). L’avantage est d’autant plus fort que votre tranche est élevée.
L’immobilier locatif : levier bancaire
Investir à crédit pendant la vie active pour percevoir des loyers à la retraite. En SCI IS, l’amortissement comptable neutralise une grande partie de la fiscalité locative. Les loyers percûs à la retraite sont quasi non fiscalisés.
La cession d’activité : capitaliser avant le départ
Votre cabinet, patientèle ou clientèle représente une valeur patrimoniale à part entière. Via un apport-cession en holding (art. 150-0 B ter CGI), vous pouvez réinvestir 100 % du produit de cession sans imposition immédiate. L’économie fiscale peut dépasser 50 000 € sur une cession à 300 000 €. La cession se pilote : 5 à 10 ans d’anticipation minimum.
PER, assurance-vie, SCPI : chaque outil a son rôle.
Deux profils, deux stratégies.
La stratégie dépend moins de la profession que du revenu, de l’horizon et du TMI. Le principe est constant : anticiper.
Sophie, 40 ans — médecin généraliste
Stratégie : 500 €/mois sur PER (économie fiscale ~2 000 €/an), 300 €/mois sur assurance-vie. À 65 ans, elle accumule 220 000 € sur PER et 130 000 € sur AV. Résultat : 80 à 90 % du niveau de vie maintenu.
Karim, 30 ans — avocat en début d’installation
Stratégie de départ : 100 €/mois sur PER (versements non déduits, TMI faible), 50 €/mois sur PEA ETF. Plan évolutif : 300 € dans 5 ans, 500 € dans 10 ans. Avec un rendement de 4 à 5 %, il accumule 150 000 € à 62 ans.
Ce que nos clients TNS demandent avant de commencer.
Oui, et c’est l’un des avantages les plus significatifs du statut TNS. Plafond 2026 : 10 % du revenu professionnel dans la limite de 10 PASS, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction du revenu entre 1 et 8 PASS. Pour un revenu de 100 000 €, le plafond annuel peut dépasser 20 000 €. Les plafonds non utilisés des 3 années précédentes peuvent être reportés, ce qui permet de rattraper une année de versements insuffisants.
En moyenne, 30 à 40 % du dernier revenu net. Pour un médecin à 80 000 €/an, la pension globale (CNAVPL + CARMF) tourne autour de 2 500 à 3 000 € nets/mois. Pour un avocat ou un architecte à revenus équivalents, le résultat est similaire. Le taux de remplacement est structurellement faible chez les libéraux : les cotisations au régime de base sont plafonnées, et les revenus réels dépassent largement ce plafond.
Oui, dans deux cas : années d’études supérieures (jusqu’à 12 trimestres) et années incomplètes. Le rachat est déductible du revenu imposable. Pour un TMI 41 %, son coût net est de 59 centimes par euro investi. Vaut-il mieux racheter des trimestres ou verser dans un PER ? Les deux répondent à des besoins différents : le rachat permet de partir plus tôt ou d’éviter une décote permanente ; le PER réduit l’impôt immédiatement.
Oui, mais seulement si elle est bien structurée. Via un apport-cession en holding (art. 150-0 B ter CGI), le médecin ou l’avocat peut réinvestir 100 % du produit de cession sans imposition immédiate. L’économie fiscale peut dépasser 50 000 € sur une cession à 300 000 €. La valorisation et la transmission se pilotent avec un conseiller patrimonial, pas dans les derniers mois.
Vous pouvez le transférer vers un PER individuel sans fiscalité à la sortie sur les versements déjà déduits. Le PER est généralement plus avantageux : sortie en capital possible (le Madelin impose la rente), plafonds plus élevés, report de plafonds sur 3 ans. Le transfert vers un PER est avantageux, mais l’analyse dépend des conditions de votre contrat actuel.