Gestion pilotée ou gestion libre : qui décide de vos arbitrages, et à quel prix ?
En gestion libre, vous choisissez vos supports et décidez de chaque arbitrage. En gestion pilotée, vous choisissez un profil de risque et un professionnel arbitre pour vous, contre des frais de mandat, souvent de 0,1 à 1 % par an en plus. Entre les deux, la gestion conseillée : un conseiller vous recommande les arbitrages, vous les validez. Depuis le 24 octobre 2024, la gestion pilotée doit aussi inclure une part d’actifs non cotés. Voici comment choisir.
Par Boris Billon, conseiller en gestion de patrimoine, Ateis Patrimoine · Mis à jour le
L’essentiel en 30 secondes
- Gestion libre : vous décidez de tout, sans frais de mandat. Il faut du temps et de la discipline.
- Gestion pilotée : vous signez un mandat d’arbitrage, un gérant décide selon le profil choisi. Plus simple, plus cher.
- Gestion conseillée : un conseiller vous propose les arbitrages, vous gardez la décision.
- Depuis le 24 octobre 2024, les profils équilibré et dynamique de gestion pilotée intègrent au moins 4 % et 8 % d’actifs non cotés.
- Sur 15 ans, un demi-point de frais en plus coûte environ 28 700 € sur 200 000 € placés : la gestion pilotée doit le justifier.
Les trois modes de gestion en un tableau
| Gestion libre | Gestion pilotée | Gestion conseillée | |
|---|---|---|---|
| Qui décide des arbitrages | Vous | Un gérant, par mandat | Vous, sur recommandation |
| Frais en plus | Aucun | Frais de mandat, souvent 0,1 à 1 % par an | Selon le conseiller |
| Temps à y consacrer | Important | Quasi nul | Faible |
| Supports | Tous ceux du contrat | Ceux choisis par le gérant | Tous ceux du contrat |
| Risque principal | Décisions sous le coup de l’émotion | Frais et performance du gérant | Dépendance au conseiller |
Beaucoup de contrats permettent de mixer : une partie en gestion libre, sur le fonds en euros par exemple, et une autre en gestion pilotée.
Comment fonctionne la gestion pilotée ?
Vous signez un mandat d’arbitrage : vous autorisez l’assureur, ou une société de gestion qu’il désigne, à faire les arbitrages à votre place. Vous choisissez seulement un profil, en général prudent, équilibré ou dynamique, qui fixe la part de risque. Le gérant répartit l’épargne entre les supports et rééquilibre au fil des marchés.
Vous recevez un relevé régulier des arbitrages réalisés. Vous pouvez changer de profil, ou revenir en gestion libre, selon les conditions du contrat. Depuis la loi Industrie verte, ce mandat est encadré par le Code des assurances.
Ce que la loi Industrie verte a changé
La loi du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte impose, depuis le 24 octobre 2024, une part minimale d’actifs non cotés dans les profils de gestion pilotée des contrats d’assurance-vie : au moins 4 % pour un profil équilibré, au moins 8 % pour un profil dynamique. Le profil prudent n’est pas concerné. Les contrats doivent aussi référencer des fonds labellisés par l’État (analyse du cabinet Clifford Chance).
Concrètement, des lignes de capital-investissement apparaissent sur les relevés : FCPR, FPCI, ELTIF ou fonds dits evergreen. Ces actifs peuvent bien diversifier une allocation, mais ils sont moins liquides et souvent plus chargés en frais. À regarder de près avant de choisir un profil.
Ce que coûte la gestion pilotée
Les frais de mandat s’ajoutent aux frais de gestion du contrat et à ceux des supports. Ils varient d’un contrat à l’autre, souvent de 0,1 à 1 % par an. Le détail des frais d’un contrat est sur notre page frais de l’assurance-vie.
200 000 € placés 15 ans. À 5 % net par an, le capital atteint environ 415 786 €. Avec un demi-point de frais en plus, à 4,5 % net, environ 387 056 €. L’écart est d’environ 28 700 €.
La gestion pilotée doit donc apporter au moins autant : une meilleure discipline, un rééquilibrage régulier, ou une performance supérieure.
Exemple illustratif à rendement constant, hors fiscalité.
Quel mode pour vous ?
| Votre situation | Mode adapté |
|---|---|
| Vous suivez les marchés, vous savez garder le cap quand ils baissent | Gestion libre, avec quelques ETF bien choisis |
| Pas le temps ni l’envie de suivre, besoin d’un cadre | Gestion pilotée, en vérifiant les frais du mandat |
| Patrimoine important, plusieurs contrats, projets à coordonner | Gestion conseillée, ou pilotée avec un suivi par un conseiller |
| Horizon court, moins de 5 ans | Peu d’intérêt pour la gestion pilotée : surtout du fonds en euros |
Notre pratique : nous suivons les contrats de nos clients et leur proposons les arbitrages, qu’ils valident. Pour ceux qui préfèrent déléguer, nous comparons les gestions pilotées des assureurs, frais et historique compris.
Les pièges à éviter
Choisir un profil trop risqué. Un profil dynamique peut perdre 20 % ou plus lors d’une mauvaise année. S’il vous fait tout racheter au plus bas, il était mal choisi.
Ne regarder que la performance affichée. Comparez sur plusieurs années, frais déduits, et à profil égal.
Oublier les frais empilés. Mandat, contrat, supports, et désormais non coté : additionnez tout.
Croire que la gestion pilotée protège des baisses. Elle les amortit parfois, elle ne les supprime pas. Seul le fonds en euros garantit le capital, voir notre page avantages et inconvénients de l’assurance-vie.
Questions fréquentes
Quelle différence entre gestion pilotée et gestion libre ?
En gestion libre, vous choisissez les supports et décidez des arbitrages. En gestion pilotée, vous choisissez un profil de risque et un gérant arbitre pour vous, dans le cadre d’un mandat, contre des frais supplémentaires.
Combien coûte la gestion pilotée en assurance-vie ?
Les frais de mandat s’ajoutent aux autres frais du contrat, souvent de 0,1 à 1 % par an selon les contrats. Il faut aussi regarder les frais des supports choisis par le gérant.
Qu’est-ce que la loi Industrie verte change pour la gestion pilotée ?
Depuis le 24 octobre 2024, les profils équilibré et dynamique doivent intégrer au moins 4 % et 8 % d’actifs non cotés. Le profil prudent n’est pas concerné.
Peut-on passer de la gestion pilotée à la gestion libre ?
Oui dans la plupart des contrats, en mettant fin au mandat d’arbitrage, selon les conditions prévues. Certains contrats permettent aussi de mixer les deux sur des compartiments différents.
La gestion pilotée est-elle plus performante ?
Pas forcément. Elle apporte de la discipline et des rééquilibrages réguliers, mais ses frais réduisent le rendement. Comparez sur plusieurs années, frais déduits, à profil égal.
Qu’est-ce que la gestion conseillée ?
Un conseiller suit votre contrat et vous recommande des arbitrages, que vous validez. Vous gardez la décision, sans mandat donné à un gérant.
Pour aller plus loin
Sources
- Loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte, et ses textes d’application de juillet 2024 : analyse du cabinet Clifford Chance.
- Analyse de Deloitte Société d’Avocats sur l’encadrement du mandat d’arbitrage et le référencement des fonds labellisés.
Les unités de compte et les actifs non cotés présentent un risque de perte en capital, et les actifs non cotés une liquidité réduite. Les exemples sont illustratifs. Cette page est une information générale : elle ne remplace pas un conseil adapté à votre situation.
Votre gestion vous coûte-t-elle trop cher ?
On regarde votre mode de gestion actuel, ses frais réels et sa performance, et on vous dit s’il vaut mieux garder, changer de profil ou passer en gestion libre. Trente minutes, au cabinet ou en visio.