Assurance emprunteur · COA · ORIAS 24003722

Assurance emprunteur SCI : qui assurer, à quelle quotité, et quand négocier

Dans une SCI, c’est la société qui emprunte, mais ce sont les associés qui sont assurés. La quotité se répartit entre eux, et la banque veut en général au moins 100 % au total. La loi Lemoine n’est pas un droit acquis : la Cour de cassation sort la plupart des prêts de SCI du code de la consommation. Le bon moment pour choisir son contrat, c’est l’offre.

Par Boris Billon, conseiller en gestion de patrimoine · mis à jour le

100 %La couverture totale, toutes têtes confondues, que demandent en général les banques
2015L’arrêt de la Cour de cassation qui sort du code de la consommation le prêt d’une SCI dont l’objet social prévoit la location
7 sur 7Les contrats de notre panel qui acceptent un prêt consenti à une société
25 %Le taux normal d’IS sur le profit que crée, dans une SCI à l’IS, la dette remboursée par l’assureur
Le principe

Qui est assuré dans une SCI : les associés, le gérant, les cautions

Aucune loi n’oblige une SCI à assurer son prêt. C’est la banque qui l’exige, comme pour un particulier. Mais une société ne meurt pas et ne tombe pas malade : l’assurance porte donc sur la tête des personnes physiques dont dépend le remboursement.

  • Les associés qui apportent les revenus. Ce sont eux que la banque veut voir assurés en priorité.
  • Le gérant, souvent le même, parce qu’il signe et pilote la société.
  • Les cautions. Quand un associé se porte caution personnelle du prêt, la banque demande presque toujours qu’il soit assuré.

Un associé sans revenu, un enfant qui détient quelques parts par exemple, n’a pas besoin d’une garantie arrêt de travail : son arrêt ne change rien au remboursement. Le décès peut suffire, voire rien du tout si la banque ne le demande pas.

Qui signe et qui paie. Deux schémas existent. Soit la SCI adhère au contrat et paie les cotisations, les associés étant les assurés. Soit chaque associé adhère à titre personnel. Le choix compte pour la fiscalité, on y revient plus bas. Tous les contrats de notre panel acceptent un prêt consenti à une société, et plusieurs, dont Premium, Safi et Spiti, permettent à la société d’adhérer elle-même.

La quotité

Répartir la quotité entre associés

La quotité, c’est la part du prêt couverte sur chaque tête. Elle peut aller jusqu’à 100 % par associé, et la somme peut dépasser 100 %. Trois façons de faire, illustrées sur une SCI à deux associés qui emprunte 400 000 € sur 20 ans à 3,60 %.

RépartitionCoût de l’assurance sur 20 ansSi un associé décède en année 5Pour qui
50 / 50Environ 11 200 €L’assureur rembourse 162 600 €, la moitié du capital restant dûDeux associés aux revenus comparables
70 / 30, selon les parts ou les revenusEnviron 11 200 €227 600 € ou 97 500 € selon qui décèdeUn associé qui porte l’essentiel du remboursement
100 / 100Environ 22 500 €Tout le capital restant dû, 325 200 €Des associés qui ne veulent pas que le survivant porte la dette

Illustration : cotisation de 0,25 % par an du capital restant dû pour chaque tête, même tarif pour les deux associés ; calculs Ateis Patrimoine. Le vrai tarif dépend de l’âge et de la santé de chacun.

La bonne répartition suit une question simple : si l’un disparaît, qui paie la suite ? Dans une SCI familiale où un seul parent porte les revenus, 100 % sur sa tête et rien sur celle des enfants peut suffire. Entre associés qui ne sont pas de la même famille, le 100 / 100 évite que le survivant se retrouve à rembourser seul, avec les héritiers de l’autre comme coassociés.

Une particularité à connaître : chez Safi, dans une SCI qui n’est pas familiale, la quotité en arrêt de travail et en invalidité est limitée à la part que l’associé détient.

Les textes

La loi Lemoine s’applique-t-elle à une SCI ? Pas aussi sûrement qu’on le lit

La plupart des sites répondent oui, parce que les associés assurés sont des personnes physiques. Ce n’est pas le critère de la loi. La résiliation à tout moment (article L. 113-12-2 du code des assurances) et la dispense de questionnaire (article L. 113-2-1) visent toutes les deux un « contrat de crédit mentionné au 1° de l’article L. 313-1 du code de la consommation ». Ce qui compte, c’est donc la nature du prêt, pas celle de l’assuré.

Or ce chapitre du code de la consommation exclut les prêts « destinés à financer une activité professionnelle », y compris ceux des sociétés qui, « en vertu de leur objet social », procurent des immeubles « en propriété ou en jouissance » (article L. 313-2). La Cour de cassation l’applique aux SCI : quand l’objet social prévoit l’acquisition et la location d’immeubles, le prêt sort du champ du code, même si la société se dit familiale (1re chambre civile, 14 octobre 2015, n° 14-24.915). La plupart des statuts de SCI prévoient la location.

Votre SCICe que prévoit la loi
Objet social qui prévoit la location, à l’IR ou à l’ISPas de délégation de droit, pas de résiliation à tout moment garantie, pas de dispense de questionnaire. C’est le contrat qui décide
SCI de détention familiale, sans location dans l’objet social, qui finance un logementElle peut entrer dans le champ du crédit immobilier, et avec lui de la loi Lemoine. À vérifier sur les statuts
SCI à activité commerciale, location meublée avec servicesHors champ, sans discussion

Déléguer dès l’offre : la seule fenêtre sûre

En pratique, plusieurs contrats de notre panel prévoient d’eux-mêmes une résiliation à tout moment, avec ou sans l’accord du prêteur. Mais un droit prévu par le contrat ne vaut que ce que dit le contrat, et la banque peut avoir son mot à dire. Le seul moment où vous choisissez vraiment, c’est avant de signer l’offre : la banque n’a pas encore émis, et l’assurance fait partie de la négociation. Après, vous dépendez des clauses. C’est aussi pour ça que nous montons le crédit et l’assurance d’une SCI dans le même dossier (délégation d’assurance).

La fiscalité

SCI à l’IR, SCI à l’IS : ce que devient la cotisation, et ce que coûte le sinistre

Deux questions, souvent mélangées : la cotisation est-elle déductible, et que se passe-t-il fiscalement quand l’assureur rembourse le prêt ?

SCI à l’IR (revenus fonciers)SCI à l’IS
Cotisation déductibleOui, si le contrat de prêt impose l’assurance par une clause expresse et qu’aucune somme n’est récupérable hors sinistreOui, au fil des échéances, si le contrat de prêt impose l’assurance ; sinon déduction reportée
Quand l’assureur rembourseLe prêt disparaît, la SCI garde le bienLa dette éteinte devient un profit imposable à l’IS, étalable sur cinq ans sous conditions (article 38 quater du CGI)
Point de vigilanceFaire écrire l’exigence d’assurance dans l’offrePrévoir de quoi payer l’impôt sur ce profit

Le point de la SCI à l’IS est le plus méconnu. Quand l’associé assuré décède, l’assureur paie la banque et la dette sort du bilan. La société s’enrichit d’autant : l’administration traite ce gain comme un profit imposable. Au taux normal de 25 %, une dette de 160 000 € éteinte coûte 40 000 € d’impôt, à un moment où la société perd souvent son associé principal. L’étalement sur cinq ans existe, mais ses conditions se vérifient avec l’expert-comptable de la SCI.

Sources : BOI-RFPI-BASE-20-80, § 200 ; BOI-BIC-CHG-40-20-20, § 140 et suivants ; article 38 quater du CGI.

Le panel

Sept contrats face à la SCI : ce que disent les notices

Contrat (assureur)Place de la sociétéParticularité utile en SCIChanger d’assurance, selon le contrat
Premium CRD (Quatrem, groupe Malakoff Humanis)La société peut adhérerLa caution d’un dirigeant ou d’un associé peut être assuréePrêt immobilier : à tout moment ; autres prêts : une fois par an, au 31 décembre
Super Novaterm Crédit Alpha (MetLife)Souscripteur personne morale possibleContrat individuel, capitaux jusqu’à 50 M€À chaque échéance de cotisation, avec l’accord du prêteur
Spiti Emprunteur (Harmonie Mutuelle)La société peut adhérerArrêt de travail forfaitaireÀ tout moment, avec l’accord du prêteur
Safi Emprunteur (Prepar-Vie)La société peut adhérerEn SCI non familiale, quotité arrêt de travail et invalidité limitée à la part détenue ; caution assurableCrédit immobilier : à tout moment ; autres crédits : à confirmer
Generali 7305 et 7344 (Generali Vie)Prêt pour le compte d’une sociétéFranchise unique de 90 joursPrêt immobilier non professionnel : à tout moment ; sinon une fois par an (7344)
Virtuo (MNCAP)Représentants de sociétés garantisDécès et PTIA obligatoires, le reste en optionÀ tout moment
Meros, capital restant dû (Prévoir Vie)Dirigeants de sociétés emprunteuses assurablesArrêt de travail forfaitaireÀ tout moment

Notices en vigueur transmises par les assureurs, lues en octobre 2026. Une notice change : seule compte celle que vous signez.

La dernière colonne répond à la question du changement d’assurance mieux que n’importe quel débat sur la loi Lemoine. Regardez-la avant de signer, surtout si votre SCI loue.

Cas chiffré

Des SCPI financées en SCI à l’IS, sur 20 ans

Cas type, construit pour l’exemple. Un dirigeant de 57 ans gère une SCI à l’IS dont le crédit sur ses immeubles arrive à terme. Il veut réinvestir sans gérer : la SCI emprunte 200 000 € sur 20 ans à 5,10 % pour acheter des parts de SCPI. Mensualité : 1 331 €. La banque demande sa caution personnelle et une assurance décès et PTIA à 100 % sur sa tête. La cotisation : 50 € par mois, soit 12 000 € sur 20 ans.

Trois décisions, dans cet ordre.

  1. Quelles garanties. Le prêt est remboursé par les loyers des parts et la trésorerie de la SCI, pas par le salaire du dirigeant. Un arrêt de travail ne change rien au remboursement : le décès et la PTIA répondent au vrai risque, si la banque s’en contente.
  2. Qui adhère. La SCI adhère et paie. Si l’offre de prêt impose l’assurance, les 600 € de cotisation annuelle viennent en déduction de son résultat.
  3. L’impôt du sinistre. S’il décède à 62 ans, l’assureur rembourse environ 167 200 €. La SCI garde ses parts sans dette, mais ce gain est imposable : environ 41 800 € d’IS au taux normal, ou 37 600 € si elle a droit au taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 €. Il faut donc prévoir cette somme, en trésorerie ou par une prévoyance décès distincte, et regarder l’étalement sur cinq ans avec l’expert-comptable.
Ce qui se passe s’il décèdeEn année 5En année 10
Capital restant dû remboursé par l’assureur167 200 €124 900 €
IS sur ce profit, taux normal de 25 %41 800 €31 200 €

Hypothèses : prêt de 200 000 € sur 20 ans à 5,10 %, assurance de 50 € par mois, profit taxé sur un seul exercice sans autre résultat ni déficit ; calculs Ateis Patrimoine, octobre 2026. Ce n’est pas une offre de prêt. Le financement des SCPI en société est détaillé sur notre page SCPI à crédit.

Votre situation

Ce qu’il faut regarder selon votre SCI

Votre situationCe qui comptePar où commencer
SCI familiale qui loge les associésLes statuts, et donc l’application ou non de la loi LemoineUn premier échange
SCI qui loue, à l’IRLa quotité entre associés, la clause d’assurance dans l’offreChoisir le contrat avant l’offre, puis déléguer
SCI à l’ISL’impôt qui suit un sinistre, la déductibilitéUn premier échange
Dirigeant caution du prêt de sa sociétéLes garanties jugées sur votre métier, la résiliation prévue au contratAssurance prêt professionnel

Le financement lui-même, durée et apport en société, est sur notre page crédit immobilier en SCI à l’IS.

Vos questions

Les questions qu’on nous pose sur la SCI

Une SCI doit-elle assurer son prêt ?

Aucune loi ne l’impose, c’est la banque qui l’exige. L’assurance porte sur la tête des associés, du gérant et des cautions, puisque la société elle-même ne peut ni décéder ni tomber malade.

La loi Lemoine s’applique-t-elle à une SCI ?

Pas de façon sûre. Elle vise les crédits immobiliers du code de la consommation, et la Cour de cassation en sort le prêt d’une SCI dont l’objet social prévoit la location. Une SCI de détention familiale peut en revanche y entrer. Dans tous les cas, lisez la clause de résiliation de votre contrat.

Peut-on changer d’assurance emprunteur en SCI ?

Oui si le contrat le prévoit. Dans notre panel, plusieurs contrats permettent de changer à tout moment, d’autres une fois par an ou avec l’accord de la banque. Le moment le plus sûr reste l’offre de prêt.

Quelle quotité choisir entre associés ?

Celle qui répond à la question : si l’un disparaît, qui paie la suite ? La banque demande en général au moins 100 % au total. Entre associés qui ne sont pas de la même famille, 100 % sur chaque tête évite au survivant de porter la dette seul.

L’assurance emprunteur d’une SCI est-elle déductible ?

En SCI à l’IR, oui des revenus fonciers si l’offre de prêt impose l’assurance par une clause expresse. En SCI à l’IS, oui au fil des échéances dans le même cas ; sinon la déduction est reportée.

Que se passe-t-il au décès d’un associé ?

L’assureur rembourse la part du capital restant dû qui correspond à sa quotité. La SCI garde le bien et ses parts passent à ses héritiers. En SCI à l’IS, la dette éteinte crée un profit imposable.

Un associé sans revenu doit-il être assuré ?

Pas forcément. Son arrêt de travail ne change rien au remboursement. Le décès peut suffire, et rien du tout si la banque ne le demande pas.

Une SCI qui emprunte ? On monte l’assurance avec le crédit

Envoyez-nous les statuts de la SCI et l’offre ou la proposition de la banque. On vous dit qui assurer, à quelle quotité, et ce que votre contrat permet vraiment.

Sources

Qui nous paie. Sur l’assurance emprunteur, Ateis Patrimoine intervient comme courtier en assurance (COA) et est rémunéré par l’assureur, par une commission comprise dans la cotisation. Ateis Patrimoine SASU, 29 rue Poliveau, 75005 Paris. ORIAS 24003722. CIF, COA, COBSP, carte T. Adhérent ANACOFI.

Boris Billon, fondateur d’Ateis Patrimoine

Boris Billon, fondateur d’Ateis Patrimoine. 10 ans en banque privée. CIF, COA, COBSP, carte T, ORIAS 24003722. Page publiée le , mise à jour le . En savoir plus